Google, de moteur de recherche à moteur de réponse

Les Jeux Olympiques viennent de s’achever et, si vous avez attentivement suivi les compétitions sur vos écrans, vous avez probablement remarqué le dispositif mis en place par Google pour vous plonger au coeur de l’événement. Vous n’aviez ainsi plus besoin de vous rendre sur des sites spécialisés pour avoir accès au programme ou à des informations sur les athlètes.

Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large et réellement initiée depuis le lancement du Knowledge Graph en 2012. Le but : répondre à une interrogation de l’utilisateur le plus simplement possible, sans que celui-ci n’ait à naviguer sur différents sites Internet. Mais est-ce une bonne nouvelle pour tout le monde ?

Une couverture exceptionnelle des Jeux Olympiques

Pour célébrer cet évènement sportif planétaire, Google a mis les petits plats dans les grands en déployant un dispositif très pratique. Vous pouviez ainsi :

  • Accéder au programme, aux résultats et aux actualités des compétitions grâce à des requêtes toutes simples comme “boxe” ou “basket”,
  • Consulter le tableau des médailles,
  • Découvrir des informations sur les athlètes en lice,
  • Suivre le déroulement en direct ou accéder au planning des retransmissions TV,
  • Visionner les temps forts de la compétition sur YouTube en partenariat avec les chaînes TV officielles (dans plus de 60 pays),
  • Visiter les installations olympiques grâce à Google Street View,
  • Vous immerger dans cette grande fête grâce à des vidéos en 360° et en live streaming de 15 des plus grands créateurs de contenu sur YouTube.

Le dispositif mis en place par Google pour vous aider à suivre les Jeux Olympiques

Pour ne rien manquer, l’application Google permettait également de recevoir des notifications concernant les résultats et les médailles, aussi bien sur Android que sur iOS.

Le géant californien avait déjà couvert la Coupe du Monde de football en 2014, dans des proportions moindres. Les recherches permettaient ainsi d’accéder au calendrier, aux résultats, au classement et à des informations sur chaque pays engagé.

Google Coupe du Monde 2014 France Honduras

Depuis peu, vous pouvez également consulter les résultats et le calendrier de diverses compétitions en recherchant simplement “Ligue 1”, par exemple. A noter que sur ce point, Bing va encore plus loin en intégrant les pourcentages de victoire des équipes pour chaque match de Premier League. Le moteur de recherche de Microsoft annonce même le futur sacre de Manchester City. L’avenir donnera-t-il raison aux algorithmes ?

Le Knowledge Graph et la structure de l’information

Avec le lancement du Knowledge Graph en 2012, Google comptait ouvertement se rapprocher petit à petit de l’ordinateur de Star Trek. En compilant les données de son immense base, le géant de Mountain View propose alors des résultats basés sur des informations sémantiques. Pour s’alimenter, Google s’appuie essentiellement sur Wikipedia, le CIA FactBook et Freebase, un service racheté par Google en 2010. La nouvelle recherche intelligente permet par exemple d’obtenir directement les différentes oeuvres de Vincent Van Gogh ou la taille de Leonardo Di Caprio, sans avoir à cliquer sur les liens habituellement proposés. Le moteur de recherche se charge d’organiser et de structurer l’information.

Une technologie prédictive

Le résultat du Knowledge Graph pour la requête "Leonardo Di Caprio taille" anticipe des recherches associées en affichant la taille d'autres acteurs

Le résultat du Knowledge Graph pour la requête « Leonardo Di Caprio taille » anticipe des recherches associées en affichant la taille d’autres acteurs

A l’époque de la présentation de son nouvel outil, Google expliquait très simplement cette avancée : prenons la requête “Taj Mahal”. Jusque-là, les moteurs de recherche considéraient ces termes comme deux mots et les traitaient comme tels. Ces mots ont pourtant une signification plus complexe : l’internaute peut penser à l’une des sept nouvelles merveilles du monde, au musicien vainqueur d’un Grammy Award voire à un restaurant indien. En fonction des informations récoltées auparavant, Google peut anticiper le besoin derrière cette requête.

Le but est donc de comprendre exactement ce que veut l’utilisateur pour lui donner le résultat espéré. Parfois en allant plus loin et en aidant à répondre à la prochaine question avant même qu’elle n’ait été posée, par le biais de requêtes associées ou d’informations complémentaires. Tout cela grâce à des liens internes qui vous font rester encore une fois dans l’écosystème Google. Vous aurez ainsi remarqué que Google vous donne directement la réponse à votre recherche lorsqu’il s’agit de définitions, de traductions, d’horaires de cinéma ou encore de la météo.

Aller à l’essentiel semble être le mode de consommation de l’information le plus répandu à l’heure actuelle. Cela se constate facilement sur les réseaux sociaux -Facebook et Twitter en tête- où nombre d’entre nous se contente de lire le titre d’un article partagé sans aller en profondeur. Comme l’essentiel est résumé en quelques caractères et qu’il me semble avoir saisi le sujet, pourquoi aller plus loin ? Après tout, d’autres contenus attendent d’être découverts. Face à la surinformation, il est difficile de capter notre attention sur la durée. L’utilisateur est en demande de réponses instantanées. Tout va très vite et, puisque nous pouvons pratiquement tout trouver en ligne, l’enjeu est désormais de le trouver sans effort supplémentaire.

Docteur Google et Mister Alphabet

Docteur Google et Mister Alphabet

Très bientôt, Google va même intégrer une fonctionnalité de diagnostic médical à son Knowledge Graph pour des maladies communes, en affichant les différents symptômes et les traitements associés. 5% des recherches sont en effet liées à des questions de santé et Google entend à la fois simplifier la navigation des internautes tout en luttant contre la désinformation et en réduisant le stress lié aux fameux diagnostics exagérés voire alarmants. Pour cela, Google a travaillé avec des médecins et des experts de l’école médicale d’Harvard ainsi que de la Mayo Clinic. L’entreprise californienne précise que ces résultats sont fournis à titre indicatif et qu’une consultation chez le médecin reste nécessaire avant de tirer toute conclusion…

Google vampirise le trafic des sites Web

Avec ce nouveau système, de nombreux utilisateurs terminent leur recherche sur Internet sans avoir quitté les pages de Google. Une question peut alors se poser : si cette information est disponible directement sans avoir à se renseigner sur des sites tierces, allons nous arriver à un point où l’internaute n’aura plus du tout besoin de sites spécifiques ?

Déjà, les résultats de recherches locales offrent une expérience qui tend vers cela : le pack de 3 résultats affiche sur la Google Map les établissements qui semblent être les plus pertinents pour vous. Ceux-ci sont accompagnés d’un lien vers le site Web, du numéro de téléphone ainsi que de l’adresse. Ces deux dernières informations étaient jusque-là essentiellement accessibles depuis le site Web de l’entreprise, ce qui rend ce dernier pratiquement superflu. De plus, les photos, les avis ou encore les horaires sont souvent directement disponibles sur la fiche Google liée au business.

Avec une telle mainmise sur l’accès à l’information, la firme de Mountain View se concentre sur l’expérience utilisateur et la structuration de cette information. L’objectif est de fidéliser en simplifiant l’utilisation de ses différents services, que ce soit sur desktop ou terminaux mobiles. Bien organisée, son immense base de données tend à faire de Google un curateur d’information. De plus, en conservant l’internaute sur ses différents services, Google peut étoffer son offre publicitaire.

Ce changement va de pair avec les nouveaux usages. Son impact est accentué par la collecte d’informations et le côté prédictif que cela confère au moteur de recherche. Mais surtout, il prend tout son sens sur mobile avec le développement de la recherche vocale.

Google, tueur de business model

Depuis peu, le moteur de recherche a passé un accord avec LyricFind afin d’intégrer les paroles de chansons en haut des pages de résultats. De nombreux sites (comme MetroLyrics.com) ont ainsi dû s’adapter en prenant un virage éditorial afin de compenser la baisse de trafic attendu, en s’orientant par exemple vers l’actualité musicale.

google-recherche-paroles

La capacité de Google à décimer des sites Web à chaque expansion inquiète. Des services comme Definitions.net, Merriam-Webster.com ou Dictionary.com ont grandement souffert lorsque Google a décidé d’afficher directement les définitions dans les résultats de recherche. Le trafic de Wikipedia, Yelp et TripAdvisor a également été affecté par le déploiement du Knowledge Graph et la refonte des recherches locales. Ainsi, entre février et juillet 2015, Wikipedia a connu une baisse de 500 millions de visites sur mobile.

Pour les acteurs plus modestes, déjà touchés par une baisse de revenus liée aux bloqueurs de publicité, la situation devient très inconfortable. Ceux qui s’appuient essentiellement sur les recherches Google pour générer du trafic sont en danger. En effet, si tout le monde a accès à l’information voulue depuis le Knowledge Graph, soit tout en haut de la page de résultats, quel est l’intérêt de scroller pour consulter d’autres sites ?

Quelles conséquences à l’avenir ?

Sur les dernières années, on constate facilement que les résultats organiques descendent de plus en plus et sont parfois relégués en dessous de la ligne de flottaison. La faute principalement au Knowledge Graph et à la nouvelle box de résultats locaux. Celle-ci semble d’ailleurs avantager les établissements étant inscrits sur Google My Business.

Dans un futur proche, l’enjeu ne risque donc plus d’être bien placé sur les “liens bleus” mais de s’adapter à l’impact du Knowledge Graph et à ce que cet outil implique dans la manière d’aborder une recherche sur Internet. Les moyens de se rendre visible évoluant très vite, les métiers liés au référencement pourraient donc en être totalement révolutionnés dans les années à venir.

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On vous explique TOUT (en 3 minutes !)

Data Gueule

Data GueuleVoici une chaîne YouTube qui ne vous laissera sûrement pas indifférents chers lecteurs…

En effet, Data Gueule est une émission diffusée le samedi soir à minuit sur France 4 (#Improbable) mais qu’on peut visionner quand bon nous semble sur le worldwide web.

C’est simple, il s’agit de vidéos de 3 minutes seulement consacrées à de nombreux sujets de société tels que l’écologie, l’économie, la culture et la technologie !!!

Petite mise en bouche

Le Big Data c’est quoi ? Un indice: un truc sur lequel IBM a investi 24 milliards de dollars entre 2004 et 2014… Big Data, Big Money, Big Problem ?


Petit Bonus Ecologique

Chiffres clés du Web

Quelques stats incontournables …

  1. 4 millions de recherches Google sont effectuées chaque minute sur Internet;
  2. 84% de possesseurs de smartphones et tablettes déclarent les utiliser devant la TV;
  3. la vidéo représente 60% du trafic web;
  4. 363,1 milliards d’euros ont été dépensés sur des sites e-commerce en 2014;
  5. Amazon est le plus visité en France avec 1 837 000 visiteurs uniques moyens par jour;
  6. 8% c’est l’augmentation prévue du budget marketing digital des entreprises en 2015;
  7. 70% des inscrits sur les réseaux sociaux les consultent quotidiennement;

Activité sur les social networks

A retenir par réseau

Facebook 97% des français le connaissent et les photos représentent 75% du contenu publié.

Tweeter 78% d’utilisateurs sont sur mobile et 277 000 Tweets sont publiés chaque minute.

Snapchat : 82 millions d’utilisateurs actifs mensuels (71% ont moins de 25 ans) avec 700 millions d’envois chaque jour.

Instagram : 58 % des utilisateurs ont déjà eu envie d’acheter un produit après l’avoir vu sur le réseau.

Pinterest80% des utilisateurs sont des femmes.

LinkedIn : plus de 300 Millions d’utilisateurs.

Google + :  540 millions de comptes actifs.

Vine : 40 millions d’utilisateurs avec 8 333 vidéos partagées toutes les minutes.

Tumblr : la connexion moyenne dure 28 minutes.

YouTube100 heures de vidéo sont mises en ligne chaque minute et 6 milliards d’heures sont visionnées tous les mois.